lundi 1 août 2011

Black Power

Il y une paire d’années de cela, Vents d’Ouest a eu l’excellente idée de republier, sous forme d’intégrale, la trilogique série Inner City Blues concoctée par Fatima Ammari-B (scénario) et Bruno Thielleux (dessin), soit une BD en forme d’hommage à un genre cinématographique pour le moins « exotique » en France : la Blaxploitation. D’ordinaire réservée aux fans de Tarantino et/ou aux mordus de cinéma de série B (jusqu’à Z) – les uns se retrouvant assez souvent chez les autres –, le « genre » en question n’avait encore jamais connu meilleure adaptation dessinée que dans ces quelques 150 pages. Du moins, pas à mon goût – c’est-à-dire sans excès ni mièvrerie.
« Genre » à part entière pour les uns, inconnue au bataillon pour les autres, la Blaxploitation ressuscitait donc sous les traits clairs et « chalandiens » de Brüno (Thielleux), l’intelligence des auteurs leur ayant permis ce sursaut en se jouant de la plupart des codes et références inhérents à ce pan de la culture afro-américaine, mais intelligemment ; en posant, avec leurs yeux de grands enfants, un regard mi-amusé mi-sérieux, mais forcément moderne, sur cette glorieuse mythologie. Le résultat donné ici se présente donc comme un hommage adulte, respectueux à tous les niveaux, d’autant savoureux qu’il ne semble pas se prendre plus au sérieux. Au passage, rejetons toute notion d’« exotisme », de « clinquant », de « kitsch » et ce qu’on voudra, au second plan (même si, visuellement parlant, la plupart de ces symboles demeure omniprésente : 70’s obligent !) : là ne se trouvaient vraisemblablement pas les intentions premières des auteurs – même si l’on sent un travail de recherche évident –, et c’est tant mieux.
Pour ceux qui seraient passés à côté lors de sa sortie, rappelons que l’action se déroule donc à Inner City, typique metropolis américaine, en septembre 1972, et que les personnages principaux – deux frangins, magouilleurs à la petite semaine – se retrouvent enrôlés malgré eux à un échelon supérieur par un caïd local qui les entraînera, sans leur laisser d’autre choix, à travers une spirale de violence et de drogues allant crescendo, jusqu’à leur propre perte. La loi du milieu, en somme. Il va sans dire qu’il n’y a, dans cette histoire, ni « noir » ni « blanc ». On regrette un manque de profondeur par endroits, mais qui n’empêche nullement l’engrenage qui se met progressivement en place de faire preuve d’une implacable efficacité – les revirements de situation étant au diapason : ni trop fréquents ni trop spectaculaires. En résumé, c’est léger, bien ficelé et assez bluffant.
Du genre ? Vue d’ici, l’intrigue paraît linéaire, manichéenne. (Ce qui, au passage, lui confère un statut « classique » immédiat.) Ça sent le règlement de comptes entre gangs en bonne et due forme, comme on en trouve dans n’importe quelle série B. Là où le scénario bluffe tout le monde (sur la forme, pas le fond), c’est quand on réalise que ce simple schème se révèle être multiplié par trois, rejoué dans chaque volume mais toujours selon le point de vue d’un protagoniste différent : 1° deux frères / 2° un personnage – secondaire ? – rencontré à la fin du premier volume / 3° « l’employeur » de la fratrie en question. Preuve qu’il n’existera jamais une seule histoire. Ou plutôt : si. Trois facettes qui se fondent en une. Trois vues qui aboutiront forcément à la même conclusion, mais pas pour les mêmes raisons. Et là, ça devient carrément une excellente série B. Il faut donc se montrer patient avant de savourer pleinement Inner City Blues. Outre de divertissantes incartades – des militants de la secte Rahool à l’épisode du succulent « Extra Giant Fat’s Burger’n big Bacon », entre autres –, tous ces éléments se cousent et se décousent, s’enchevêtrent ainsi au fil des tomes – ce qui provoque nécessairement quelques flashbacks –, mais ne permettent au lecteur avide, tout en lui apportant systématiquement un éclairage nouveau, d’en mesurer réellement la portée qu’à l’issue de l’ultime opus, une fois les différentes faces de ce Rubik’s cube correctement repositionnées les unes à côté des autres. En outre, chaque histoire nous ramène toujours irrémédiablement vers le même climax final, inévitable. Mais là encore, il faut s’attendre à un coup de poker de dernière minute. Comme dans les films de Tarantino – Pulp Fiction (1994) et Jackie Brown (1997) en tête –, les auteurs adoptent ici successivement les points de vue respectifs des personnages de cette triangularité pour ne donner un sens global à l’histoire qu’en tout dernier lieu. Ce n’est pas innocent si la filmographie de QT reste largement redevable à ce genre cinématographique mésestimé (qu’il a depuis contribué à remettre au goût du jour). De fait, c’est une boucle qui se boucle. Ici, c’est un peu pareil : la BD rejoint finalement les films qui l’ont nourri. De ceux qu’on hésitera toujours à classer entre le drive-in du samedi soir et la sélection officielle du festival de Cannes. Parce que ça a quand même de la classe. La classe d’une noblesse déchue.
Des références ? Par bonheur, la scénariste ne se borne pas aux « canons » black de rigueur. Quelques touches plus personnelles font souvent mouche et non sans humour : les personnages principaux sont deux frères qui s’appellent tout bonnement Arnold et Willie (fameuse série homonyme créée par Kukoff, Harris & Kenwith, 1978) ; le caïd, Yaphet Kotto (acteur noir célèbre pour ses seconds rôles dans des films tels que Meurtre dans la 110ème rue (Barry Shear, 1972)). D’un côté, on parle comme dans L’inspecteur Harry (Don Siegel, 1971) ; de l’autre, on regarde la rediffusion d’Au-delà du réel (série créée par Leslie Stevens, 1963-1965) à la télévision. On révère le boxeur George Foreman et on couche avec des prostituées qui se nomment Pamela et Sue (deux personnages féminins de la série Dallas, 1978)… Enfin, volontiers plus jazz – tendance free – que funk, on y écoute Max Roach (We insist ! Freedom now suite, 1960), Jimmy Smith (Rootdown, 1972) et Sun Ra (Space is the place, rare anachronisme de… 1973) ! Et l’on va forcément au cinéma voir Blacula (William Crain, 1972). Concrètement, c’est en quelque sorte l’idée qu’on peut se faire d’une BD « complète », de tous les sens : d’un (9ème) art « englobant », qui inclurait tous les autres (sculpture et peinture compris : cf. la séquence du dernier volet, où l’on déambule dans le musée d’art contemporain, entre les masques africains et… Marcel Duchamp). Et, personnellement, je ne peux qu’adhérer pleinement à cette philosophie : un auteur – de BD, de littérature, etc. – se doit d’avoir un tel univers « total ».
La Blaxploitation vient de fêter ses quarante ans. Et c’est le plus sincèrement du monde qu’Inner City Blues – d’après une chanson de Marvin Gaye (sur l’album What’s going on, 1971) – parvient à lui rendre un hommage à sa hauteur : fidèle à ses modèles, la bande dessinée ne déborde finalement que ponctuellement d’un cadre conventionnel mais n’en reste pas moins un objet à la fois intelligent, plaisant et suffisamment notable dans le domaine du pastiche pour être apprécié par les aficionados de culture « bis » comme par ceux qui rêvent d’y être initiés. Au pire, elle restera une attraction de plus, dépaysante, vaguement excitante, typique de celles dont l’Histoire de France ne saura jamais nous fournir semblable exemple. Alors, autant se surprendre à en sourire.
Inner City Blues (Fatima Ammari-B, Brüno)
(Vents d’Ouest, collections Les Intégrales, 2009)

dimanche 31 juillet 2011

Y'a pas que les grands qui rêvent






Bon. D'accord... Je n'avais même pas dix ans, à l'époque, d'abord !... Alors, forcément... Le bikini de la princesse Leïa, ça laisse des marques (sans jeu de mots)... Et quand je pense que cela aurait pu aller bien plus loin (voir ici)...

vendredi 22 juillet 2011

Mangas Stories

J'avoue ne pas savoir par où commencer, tant cela afflue de toutes parts, me presse de tous les côtés, suinte de tous les recoins de mon être, et tout cela pèle-mêle, de façon quasi-anarchique, révolutionnaire, sans aucune espèce de hiérarchie possible à l'horizon. Autant dire que cela bouillonne ! Qu'avais-je donc fait pour que, des années après, cela soit de retour ?... Et d'abord : qu'est-ce que cela, me dira-t-on ?
Si, à peine remis, je procède lentement par étapes, rassemblant logiquement tous mes esprits, je pourrais situer l'épicentre de l'onde de choc dans un futur on ne peut plus proche : 2012, pour être précis. Et elle devrait ressembler à ceci :
Car : oui. Cela paraît difficile à croire, mais c'est pourtant bien réel : alors qu'on les croyait depuis enterrés (malgré les "sequels" et autres "specials"), les Ewing sont bel et bien de retour. Et Southfork, toujours debout. Bobby, JR, Sue Ellen... Aarf ! 30 ans après leur première apparition sur le petit écran français. Parce que, croyez-moi, "Dallas", c'est quelque chose que, même 30 ans plus tard, on ne peut pas oublier.
Le truc, c'est que cela m'a replongé, du même coup, dans cet autre univers impitoyable, celui de l'ombre, que l'on ne nomme pas : les génériques des séries télévisées. En général, il est prouvé de manière quasi-scientifique - études linguistiques comparées des thèmes à l'appui - qu'un bon nombre d'entre eux ne sont que les reflets de pâles transpositions de la version directement importée du pays du producteur. (Tout particulièrement lorsqu'il s'agit de dessins animés.) Ce qui, au demeurant, n'a guère d'intérêt en soi. Là où cela devient autrement plus intéressant, voire passionnant, c'est quand ledit générique du feuilleton TV se révèle une création originale. (Comprenez : un truc labellisé made in France, écrit par des auteurs-compositeurs et interprétés par des artistes bien de chez nous.) Et dans cette catégorie-là, force m'est de constater que notre beau pays en possède quelques-uns, et parmi les plus beaux fleurons (ceux-là même que le monde entier devrait - en toute logique - nous envier).
Exemple. Dans la catégorie des interprètes, tout d'abord, les premiers à payer physiquement de leur personne - c'est tout de même leur nom (voire, plus rarement, leur photo) qui apparaît (en médaillon) au recto de la pochette du disque -, on trouve deux mercenaires bien rodés, aguerris, si je puis dire, à ce périlleux exercice, et qui, loin de s'en plaindre, ont réussi à bâtir une partie (confortable) de leur carrière sur ce fil du rasoir : Jean-Pierre Savelli et Lionel Leroy. Pour ceux qui ne seraient pas encore en âge de les connaître, laissons le premier se présenter lui-même.
Et oui, Savelli n'a pas moins réalisé là qu'un grand écart : ou comment passer de Michel Legrand à Goldorak, puis de Goldorak à... Peter & Sloane ?...
... via "Albator", donc, comme il le disait (cela dit, on peut en douter si l'on écoute bien ladite version), mais d'autres encore, et non des moindres...
Cerise sur le gâteau, l'anecdote relative à Paul Persavon (alias le seul et unique Antoine de Caunes, donc, celui des "Enfants du Rock", de "Rapido" et... "Lucky Luke") nous semble même - rétrospectivement - amusante : on aurait presque envie de retourner exhumer ses vieux 45t des cartons du grenier, rien que pour voir.
Quant à Lionel Leroy, autre "voix" bien connue de nos tympans pré-adolescents, il ne s'est pas seulement rendu célèbre pour avoir été l'époux de Sheila. Que l'on veuille bien constater ici un instant la discographie qui suit : "Wonder woman", "Starsky et Hutch"...
"Ulysse 31"...
 "Pour l'amour du risque", "Bomber X", "Monsieur Merlin"...
Ce qui me ramènerait pour un peu aux soirées rituellement passées devant FR3, lorsque j'attendais la diffusion de cet "Ulysse 31", programmé en épisodes de cinq minutes durant la semaine, juste avant les "Jeux de 20 heures", puis en intégralité, le week-end... Le reste n'est que littérature, si je puis dire. Et, là, j'ai bien envie d'ajouter : Muhahahah !... Mais, bizarrement, rien ne sort, quelque chose m'en retient. Un je-ne-sais-quoi. Peut-être parce que le meilleur reste à venir.
Le meilleur ? Tous les collectionneurs de disques vous le confirmeront : le meilleur n'est pas forcément inscrit en lettres capitales au recto de la pochette des disques. En l'occurrence, si l'on examine un minimum celle du fameux 45 tours du "Albator 78" en question (parce que, bon, celui de 84 c'était déjà plus ça...), on distingue nettement, en police corps 10, les noms du compositeur ainsi que du parolier. Et, là, comment ne pas s'écrier : Eric Charden ??? Didier Barbelivien ??? Hélas. Si l'on ne présente plus aujourd'hui l'un et l'autre, si chacun pensait connaître dans les plus infimes détails les carrières nationales, mondiales, planétaires, respectives de ces deux immenses stars de la chanson française - ne pas se tromper : Stone accompagne toujours plus ou moins Charden ; Barbelivien avait plutôt choisi Félix Gray -, il ne faut pas non plus occulter l'existence officielle de cet éphémère duo. Car on leur doit également :
... ainsi que, grâce à Charden, cette petite chose qui s'appellait "Onze pour une coupe", et qui accompagnait la coupe du monde de football en Espagne, en 1982 (version Perec : je me souviens... de l'album d'images Panini...) :
Quand je vous disais que cela allait chercher loin... Leur pardonnera-t-ton ? (Genre : ils étaient jeunes, sans le sou, et ne mangeaient pas toujours à leur faim ?...) Cela dit, je dois malgré tout confesser un péché : j'éprouvais à l'époque un faible pour le morceau sur la face B du 45 tours d'Albator : un instrumental d'ambiance noire, assez sympa dans mon souvenir, principalement joué au synthé et qui s'appelait "La bataille d'Albator". Quant à Barbelivien, j'ai failli le prendre en sympathie le jour où j'ai découvert son meilleur morceau, "Un chagrin d'amour" :
 Mais c'est promis : on ne m'y reprendra plus.
(Dédicace spéciale à  un autre grand téléphage.)

jeudi 23 juin 2011

France 80

Quand j'étais plus jeune, que mes hormones commençaient de me titiller, à un âge où tout adolescent moyen - je suppose - recherche par tous les moyens qui sont à sa portée - sauf Internet, qui n'existait pas, je tiens à le rappeler : j'ai connu le minitel, moi... - le goût des sensations extrêmes, le frisson que procure le fait de braver les interdits - comprendre : mater des films X en cachette, sur Canal + (et, forcément, en brouillé puisqu'on n'avait pas de décodeur à la maison) -, la découverte de nouveaux types culturels un peu plus excitants que Les Enfants du Rock ou Ushuaïa (et dont on pourrait parler crânement le lendemain dans la cour du collège)... parmi les passages obligés, incontournables, on trouvait soit la lecture des romans de Stephen King, soit la revue Mad Movies, soit le visionnage de films d'horreur à la TV (les trois allant, en général, souvent ensemble). Et, dans les années 80, cela se passait fatalement soit sur La 5, soit sur M6.
Dans le cas du premier - car il reste celui à m'avoir le plus marqué -, une case dans la grille de leurs programmes était spécialement prévue à cet effet : l'émission était diffusée chaque lundi soir, et avait pour nom "Les accords du Diable".
Si l'on parle toujours de ses "premiers émois sexuels", qu'en est-il alors, pour notre adolescent moyen, lui qui peut découvrir, en semaine à 20h45, des films comme "Alien, le 8ème passager", "Vendredi 13", "Les griffes de la nuit", "Massacre à la tronçonneuse", "Evil dead", "L'exorciste", "Amityville, la maison du diable", "La malédiction"... et j'en passe ? Des émois fantastiques ? Horrifiques ? A cet âge-là, ce sont aussi des choses qui  vous marquent, que l'on n'est pas près d'oublier. Quant à la présentatrice de la susdite émission, celle-ci se faisait appeler... Sangria. Et, dans mon souvenir, elle ressemblait plutôt à ça :
J'imagine qu'à l'époque, on avait voulu nous la vendre comme une cousine éloignée de cette fameuse Elvira (voir photo ci-dessous) que le monde entier enviait aux Américains ? Sauf qu'on ne la ferait pas aux vieux briscards que nous étions !
Car, depuis, on s'est rappelé que le véritable nom de notre speakrine nationale était bien Catherine Falgayrac, qu'elle était devenue blonde, avait aussi présenté Téléshopping et qu'il lui arrivait enfin de chanter...
Bon. Les temps ont changé. Les sex-appeals aussi, me direz-vous. Même La 5 n'est plus. Du coup, l'on ne m'en voudra pas de vivre encore un peu dans mes souvenirs. Car j'en garde d'excellents, de ces moments rituellement passés devant le petit écran, émoustillé comme je le fus, à ne jamais manquer la diffusion de ces films dont personne ailleurs dans le PAF n'avait alors voulu (Canal +, chaîne cryptée, étant hors-jeu). Plus tard, histoire de ne pas s'arrêter en si bon chemin, rappelons que la chaîne de Berlusconi fut également la première à diffuser la génialo-cultissime série de David Lynch - c'était il y a déjà plus de vingt ans :
Par la suite, M6 voulut faire son beurre à son tour en proposant, le jeudi soir en deuxième partie de soirée, ses propres "Jeudis de l'angoisse". Mais le charme, survenu trop tard, n'opérait déjà plus - même si on devait reconnaître à "la petite chaîne qui monte" l'importation des comiques "Contes de la crypte".
Golden Years, chantait l'autre... Ce n'était donc pas faux. A moins que toute une éducation ne soit à refaire.

dimanche 19 juin 2011

La séquence du spectateur

"Le grand détournement :
Derrick contre Superman"
(France, 1992. Réalisé par Michel Hazanavicius & Dominique Mézerette.)
Résumé : suite à la fermeture de la cinquième chaîne de télévision française, l'inspecteur Derrick entreprend de monter une nouvelle formule de celle-ci, aidé par son fidèle équipier Hans. Mais certains sont prêts à tout pour les en empêcher...
Distribution :
Horst TAPPERT ..................................................... Derrick
Fritz WEPPER .......................................................... Hans
Roger MOORE .................................................... Brett Sinclair
Paul Michael GLASER ............................................. Starsky
David SOUL ............................................................ Hutch
Tony CURTIS ......................................................... Danny Wilde
Patrick Mc GOOHAN ............................................ Numéro 6
Roger HANIN ......................................................... Navarro
John FORSYTHE .................................................. Blake
Linda EVANS ................................................ Krystle Carrington
Lee Horsley .................................................... Matt Houston
Pamela Henshley .............................................. C. J.Parsons
George REEVES ................................................... Superman
David CARRADINE .................................... Kwaï Chang Caine
William SHATNER .............................................. Capitaine Kirk
Jean RICHARD ....................................... Commissaire Maigret
Christian MARIN .................................................. Laverdure
Jacques SANTI ....................................................... Tanguy
Michelle LEE ................................................... Karen McKenzie
Cherryl LADD ....................................................... Kris Munroe
Jaclyn SMITH ..................................................... Kelly Garrett
Shelley HACK .................................................... Tiffany Welles
et la participation de Catherine ALLEGRET ................ Léonie
(Bonus : script intégral disponible ici.)

mercredi 1 juin 2011

Nuxx's channel : the Rocky horror music show

A mes heures perdues (généralement entre 22h et minuit), désœuvré, l'envie me prend parfois de me constituer des playlists, comme ça, rien que pour le fun (et aussi histoire de voir si j'aurais pu devenir un bon DJ...). Et là, depuis quelques jours, pour faire une surprise à un ami, j'avais dans l'idée de concocter un mélange à base de musiques de films et/ou d'ambiance tournant autour du thème de l'horreur (et donc des films ainsi susnommés). J'ai donc fouillé un peu dans ma discothèque - qui n'est pas non plus méga-étendue -, et ai déniché une petite douzaine de morceaux qui, mis bout à bout, ont donné un résultat plutôt kitsch mais complètement assumé. La preuve (d'abord) en images :
Une bonne vieille messe noire, histoire de bien commencer ?...
"Death Line" (GB, 1972) : une histoire (vraie ?) de cannibales
vivant sous le métro londonien...
"The Dunwich horror" (USA, 1970) : la maison hantée,
signée Lovecraft...
"Les lèvres rouges" (Fr, 1970) : des vampires
(forcément) lesbiennes...
"Profondo rosso" (Ita, 1975) : LE giallo du maître Argento
(du moins, celui que je préfère)...
"Assault on precinct 13" (USA, 1976) : une bonne cuvée pour Carpenter ("Halloween" n'est plus très loin...)...
De l'italo-disco pur jus...
Voire du tropicalia brésilien...
Et puis encore des vampires : un peu, beaucoup...
... passionnément...
"The fearless vampire killers" (USA, 1967) :
ZE incontournable parodie...
... à la folie ?
"Vampyros Lesbos" (All, 1970) : caramba, Soledad !...
Puis, pour finir, un petit tour chez les grecs ?










Tout ceci, une fois remis dans le bon ordre, nous amenant finalement au tracklisting qui suit : Intro / Lucifer - Solomon's ring / Wil Malone - Main theme from Death line / François de Roubaix - Les dunes d'Ostende / The Vampires of Dartmoore - The torture chamber of Dr. Sex / The Vampire sound inc. - The lions and the cucumber :
 / Krzysztof Komeda - Main title from The fearless vampire killers :

/ Les Baxter - Necromicon / Hot Blood - Soul Dracula :
/ Goblin - Profondo rosso :
/ Os Mutantes - Avé, Lucifer / The Vampires of Dartmoore - Dance of the vampires :
/ Aphrodite's Child - The beast :
/ John Carpenter - Main title from Assault on precinct 13 / Outro.
Enjoy!

dimanche 29 mai 2011

Mon Union Européenne (1)

C'est toujours amusant, surprenant, et même parfois ludique, de lancer des recherches vaguement acrobatiques au hasard - dans la mesure où l'on ignore bien le résultat que celle-ci pourrait donner - via le moteur de recherche d'un site comme Google : on peut tout à fait découvrir de véritables trésors sans trop d'efforts, ce qui est fortement appréciable lorsque, comme moi, on aime particulièrement flemmarder le dimanche. Le hic, duquel personne n'est à l'abri, c'est qu'une recherche peut très vite en cacher une autre. Puis une troisième. Et ainsi de suite, comme des poupées russes. Moralité : six onglets ouverts simultanément et trois téléchargements qui me bouffèrent pendant un moment ma connexion haut débit.
Il y a quelques temps, je m'étais ainsi aventureusement lancé dans l'exploration musicale des pays d'Europe centrale et de l'est, histoire de voir ce qu'il y avait à découvrir chez nos voisins. Et c'est finalement par hasard, en explorant la "latvian psych music" (période hippie), que je tombai sur cette pépite :
Une mélodie envoutante comme une berceuse, une ritournelle "pop" à l'orgue particulièrement hypnotique, une rythmique psychédélique à souhait... tout était fait pour me charmer. Après quelques heures d'enquêtes (et d'écoute en boucle du morceau), si je n'avais toujours pas compris un traître mot des paroles de la chanson - mes connaissances en langue lettone étant nulles -, j'avais néanmoins retrouvé le titre du morceau ("Dudievins"), ainsi que les noms de l'interprète (Ilona Balina) et du compositeur (Imants Kalnins). Et si les informations concernant la chanteuse se révélaient inexistantes, Imants Kalnins, en revanche, passait pour un véritable prophète dans son pays : la Lettonie.
Imants Kalnins (2ème à gauche sur la photo), est né en 1941 à Riga, une station balnéaire lettone. Après des études de musique classique et chorale au conservatoire, il enregistre à partir des années 60 plusieurs compositions classiques (parmi lesquelles des symphonies, des oratorios...) avant de fonder en 1969, sous l'influence de la musique pop de l'époque, 2xBBM, le premier groupe rock de toute l'histoire du pays. En mélangeant folklore et rock'n roll, le succès ne se fait pas attendre : concerts, festivals, prix... En à peine plus d'une année, 2xBBM cartonne et devient LE porte-parole de la jeunesse lettone. Ce qui ne plaît guère au gouvernement de l'époque, qui - influence soviétique oblige - les bannira définitivement courant 1970. Malin, Kalnins refuse cette dissolution forcée et, en attendant, continue d'écrire pour d'autres groupes (Menuets, ci-dessous, sera son principal porte-voix).
Si les compositions qu'il prête aux autres restent orientées vers une musique actuelle, ses projets solo, en revanche, le font revenir - en partie seulement - à ses premières amours : symphonie-rock ("Symphony 4", 1972), musiques de films ("Put, Vejini !", en 1973)...
Sous toutes ces formes, l'écriture de Kalnins reste unique, expérimentale, pionnière, gardant toujours un pied sur terre (classique, folk) et les yeux tournés vers le ciel (rock, fusion). Kalnins composera même le premier opéra-rock russe des années 80 : "Ei, jus tur !"...
... ainsi que des chansons pour Perkons ou Turaidas Roze, son propre groupe. La censure levée, les années 90 sont celles de la réhabilitation officielle : récompensé, des festivals lui sont dédiés ; alors que sa musique entre dans les musées, il peut dorénavant librement ré-enregistrer de nouvelles versions de ses anciennes compositions sous son propre nom, et même se lancer dans une carrière politique ! (Aux dernières nouvelles, et après plusieurs années d'activisme au sein du Front Populaire letton, Kalnins serait plusieurs fois député.) L'on ne peut décidément que lui envier ses 40 années d'une carrière bien remplie... En attendant un éventuel séjour à Liepaja ou à Riga, on peut toujours continuer de rêver à sa musique. "Paldies", Mr Kalnins.