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lundi 2 avril 2012

Nuxx Channel : Bach est-il une rockstar ?

Et je le prouve :
 (Jethro Tull "Bourrée", 1969)
(Egg "Fugue in D minor", 1970)
(Fusioon "Tocata Y Fug", 1974)
(Aleph "Toccata", 1971)
Etc., etc. Qui sait ? Je suis convaincu qu'il aurait même pu faire carrière en tant que producteur-compositeur-arrangeur-remixeur, ce sacré Johann !...

samedi 17 mars 2012

The Balkan Project

Des troubadours comme on n'en voit plus. Voilà pour le côté "carte postale". (Comme ça, c'est fait.) Car quoi de mieux, en matière d'introduction, prélude à l'exploration d'une terra incognita musicale, que ce bon vieux concours Eurovision ? (En l'occurrence, il s'agit ici de celui de... 1968.)
C'est en fouillant avidement la toile que j'ai réalisé l'absence plus que flagrante - et inexpliquée - sur le marché de compilations de rock psychédélique et/ou progressif yougoslave. Du moins, ex-yougoslave. (Puisque la Yougoslavie n'est plus ce qu'elle était.) Mon idée était donc, pour y remédier, d'explorer ce que ce nouveau conglomérat de pays avait bien pu offrir au-delà de ce mix "garage sixties" - déjà honorable - que voici :
Et, là, sans le savoir, on tombe déjà dans un premier piège. Dans un premier temps, tapez "yugo rock" dans le premier moteur de recherche venu, puis comparez ensuite les résultats obtenus avec ceux sortis en tapant "jugo rock". Surprise ! Force est de constater qu'il faut d'emblée savoir jongler avec ces subtilités pour parvenir à quelque chose de cohérent et, surtout, de complet. En outre, n'étant pas plus que ça fan du son "garage sixties", j'ai donc passé pas mal de temps à droite et à gauche afin de défricher puis compiler - selon mon goût - une brochette de titres dans un esprit davantage psychédélique-progressif, mais typiquement seventies, cette fois. En ressortent logiquement moult chevelus à moustaches aux guitares hard et vaguement disciples de Jethro Tull, une poignée de folkeux portés sur la sitar, de faux Monks, un organiste jazz-funk qui se fait appeler "Pop", un Goran Bregovic méconnu, etc. Le résultat fut, je dois dire, extrêmement surprenant, tant la qualité, la diversité étant au rendez-vous, et ce autant musicalement que graphiquement (certains visuels de pochettes de disques étant simplement somptueux), dépassant parfois même mes espérances (après cela, impossible de dénier la musicalité d'une telle langue) ! Ce qui, une fois de plus, me pousse à m'étonner : à l'heure où les pays de l'Est sont abondamment et régulièrement pillés par les maisons de disques un minimum pointues, comment se fait-il que cette région du monde reste encore inexploitée (entre autres, le catalogue du label Jugoton suffirait à exciter les sens de tout aficionado) ? Si cela peut donc donner des idées, welcome to "The Balkan side" !
Il serait certes fascinant mais laborieux de présenter ici chaque groupe de façon détaillée (le web fournira suffisamment de références qui y pallieront). De fait, je préfère laisser parler la musique seule, ce qui devrait encourager à donner des idées, et me contenter de donner le tracklisting retenu, qui se présente donc comme suit : 1°) Igra Staklenih Perli - Gusterov Trg (1978). Heavy-progressif.
 2°) Indexi - Svijet U Kojem Zivim (1971). Pop psychédélique.
 3°) Izvir - Medtem (1976). Progressif.
 4°) Grupa Tac - Jagodinsko Momce (1977). Progressif.
 5°) Drugi Nacin - Zuti List (1975). Progressif.
 6°) Hobo - Druzenje 3 (1975). Progressif. Un seul album recensé, particulièrement rare !
 7°) Tihomir "Pop" Asanovic - Majko Zemljo (1974). Jazz-Funk.
8°) et 9°) sont, en réalité, davantage de courts intermèdes que des réels morceaux : dus à Pop Masina puis à Buldozer, je recommande vivement l'écoute de leurs albums respectifs Kiselina (1973) et Plujni Istini U Oci (1975), autrement plus représentatifs des styles de chacun. 10°) S Vremena Na Vreme - Cudno Drvo (1973). Folk psychédélique.
 11°) Hobo - Srebro (même album, 1975).
 12°) Goran Bregovic & Bijelo Dugme - Znam Za Jedno Tiho Mjesto (1975). Goran Bregovic avant l'heure. Progressif.
 13°) Had - Put U Nista (1972). Pop psychédélique.
 14°) Pro Arte - Uvijek Iste Stvari (1970). Pop-progressif.
 15°) Trio Dag - Na Drini Cuprija (1974). Folk Psychédélique. Très très cher...
 16°) Zeteoci - Noc (1969). Les "Monks" locaux ? Pop psychédélique religieuse.
Bien entendu, la liste est loin d'être exhaustive : ainsi, outre la discographie complète de certains, il aurait également fallu parler ici des albums de la chanteuse Josipa Lisac, des faces B de Grupa 220, des 45t de Time ou Yu Grupa... Mais, au final, ce début de balade dans l'ex-Yougoslavie des années 1969-1979 fut, en ce qui me concerne, une découverte particulièrement agréable. Au final, une musicalité riche, variée, originale, qui reste forcément à découvrir, encore et encore, mais aussi à faire découvrir (Andy Votel, si tu m'entends...) ! Gare, toutefois : certains disques particulièrement rares peuvent se payer à prix d'or ! Et comme ici, en France, dans notre capitale des âmes, l'on approche d'une période de convention cidiscéenne...

mardi 7 février 2012

Tous les chemins mènent au Pakistan.

A priori, fortiori et posteriori, deux mots tels que "Dracula" et "Pakistan" n'étaient pas faits pour cohabiter au sein du même moteur de recherche internet. Pourtant, s'il vous arrive de les accoler un beau jour ("c'est en faisant n'importe quoi qu'on..."), fortuitement et sans trop y croire, j'aime à penser que vous ne serez pas moins agréablement étonnés que moi du résultat ! Car il y en a bien un. Unique, certes, mais tout de même : il existe. Qui l'eût cru ? Pour cause, puisque LE seul film de vampires pakistanais jamais réalisé date déjà de... 1967. Mais attention : cela reste un pur produit lollywood : on y a peur, certes, mais on y chante et danse comme dans tout bon film produit là-bas qui se respecte. C'est parfois même assez... hot (si l'on sait apprécier les canons de l'époque) !
Ici, le Dracula en question s'appelle Dr. Tabani. C'est en réalité un scientifique qui, du jour au lendemain, croyant découvrir la formule d'une potion d'immortalité, devient malencontreusement un vampire. Et, forcément, comme tout vampire, il a besoin de sang humain... Voilà pour le pitch. Sans trop de surprises, on retrouve dans ce "Zinda Laash" les principaux ingrédients qui font tout film fantastique : le château gothique, les femmes-vampires, les cercueils, etc. Et si l'action est supposée contemporaine, on reste quand même dubitatif devant ce film qui semble avoir été tourné 30 ans plus tôt.
Le résultat, contre toute attente, fut plus ou moins banni des écrans à sa sortie. Mais rencontra en même temps un certain succès ! Comme quoi... Toujours est-il que les amateurs décalés qui s'assument, ceux de kitsch et autres nanars, pourront aisément trouver une édition dvd de la chose chez Bach Films ; à éventuellement voir pour le côté "curiosité"... et puis un peu aussi parce qu'il a une bonne tête, finalement, ce Dracula masala.
(A peine un peu plus tôt, le même personnage...) Alors que je cherchais une idée de cadeau, je me suis rappelé qu'il n'existait guère d'anthologies consacrée à l'une des plus grandes chanteuses pakistanaises de tous les temps : Nahid Akhtar (ou Naheed Akhtar, ou Naheed Akther, ou...). Du moins, pas selon mon goût. Ou alors elles n'ont jamais été réédité. J'ai donc pensé qu'un "best-of-anthologique-de-ses-compilations", fait maison celui-là, plairait bien à quelqu'un à qui, déjà immergé dans la culture indienne en général, voire bollywodienne en particulier, je pourrais toujours faire (re)découvrir cette voix inoubliable.
Star parmi les stars, Akhtar chanta, durant une carrière qui s'étale sur un quart de siècle, pour les plus grands artistes de l'industrie musicale pakistanaise : M. Ashraf, les frères Tafo... Les initiés qui fréquentent le label Finders Keepers la connaissent d'ores et déjà pour l'avoir entendu sur ces deux merveilleuses compilations dédiées aux musiques de films lollywood que sont "The Sound Of Wonder" et "Life is Dance". C'est d'ailleurs sur la première des deux que l'on retrouve le morceau qui va suivre :
Hélas, le morceau suivant ne figure en revanche ni sur l'une ni sur l'autre :
Bref. Aussi, en piochant ça et là, je pense que je devrais bien aboutir à un résultat qui ne devrait pas être très loin de ceci :
 Ni de cela :
... le tout agrémenté de la touche de psychédélisme qui s'impose. (NB : ce "choix de Nahid" étant à écouter particulièrement pour l'endiablé "Mohabbat Bech Dete" !) On verra bien, qui sait ? A regarder de plus près sa discographie (et sans omettre sa filmographie en ligne), on pourrait se dire qu'il y a de quoi faire. Peut-être qu'un tracklisting suivra peut-être dans les jours qui viennent. Si j'y parviens...

jeudi 5 janvier 2012

The Art of Cover

Une nouvelle année débute... par où la commencer ? En cette période de vœux, avec tout ce qu'on peut imaginer souhaiter aux autres dans ces moments-là, quelle direction lui donner ? Quel (bon) vent lui insuffler ? S'agirait pas de se tromper. Pour ma part, j'ai décidé : 2012 sera popcorn (ou pas...) !
Je m'explique. Parce que "Popcorn", c'est un peu, par excellence, LE tube que tout le monde connaît. Forcément. Parce que - succès oblige -, depuis 1969, l'année de sa création par Gershon Kingsley, tout le monde l'a entendu au moins une fois dans sa vie - et ce, quelle qu'en soit la version - j'y reviendrai. Enfin, parce que la chanson met invariablement de bonne humeur. Donc, à l'époque, pour ceux qui s'en souviennent, la chose en question sonnait déjà comme ceci :
Rapidement, tout s'est enchaîné : le groupe Hot Butter en a fait LE hit planétaire, celui dont on trouve encore actuellement le 45 tours pour 1 euro dans n'importe quelle brocante...
... se plaçant ainsi d'emblée, et dans la foulée, loin en tête de la longue lignée d'à peu près tous ceux qui, de près ou de loin, ont voulu grapiller quelques miettes du gâteau - voire, en cette période de l'année, de la galette. Ce qui donne fatalement à boire et à manger. Exemple : ce court florilège made in France :
 (A comme Antoine...)
(ou comme Anarchic System...)
(J comme... Jean-Michel Jarre !)
Et si vous vous étiez jamais demandé à quoi ressemblait la version espagnole, ne cherchez plus : elle est ici ! Ce groupe de jeunes filles se nomme Las Trillizas de Oro et enregistra cette reprise en 1972 - version qui sera bientôt disponible sur la nouvelle compilation électro vintage d'Andy Votel : "Music Minus Music".
Depuis le début des années 70, un aficionado a recensé pas moins de 600 versions différentes - incluant remixes, etc. - du morceau de Kingsley. L'on y croise tout de même, entre autres, le Chef suédois du Muppet Show,  Prodigy et Muse ; l'on y entend également des versions cubaines ou... métal du fameux thème ! En outre, le bien nommé site Popcorn-song.com vous dira tout, tout, tout sur le pourquoi du comment. De quoi devenir incollable sur le sujet (sauf, peut-être, en ce qui concerne la recette originale...).
Mais je m'égare, je m'égare... Après tous ces "dance mix", "extended version" et consorts, rendons à César, en plus de droits d'auteur scandaleusement substantiels, ce qui lui appartient avant tout : quelques accords et une ritournelle, composée au piano en quelques secondes à peine. Et qui sait ? On pourra peut-être encore avoir des surprises et s'émouvoir à nouveau...

mercredi 21 décembre 2011

Green is a Colour

Soyons honnêtes : pour beaucoup de monde en France, le nom de Sibylle Baier 1°) au pire : ne parle à personne, n'évoque rien ; 2°) au mieux : fera lever un sourcil aux amateurs des films de Wim Wenders - qui voudront bien se souvenir de cette belle jeune femme aux cheveux longs qui chantait accapella dans son Alice Dans Les Villes de 1973 :
A y regarder de plus près - les ressources du web se révélant au final plutôt décevantes -, il apparaît que la dame en question, dont la vocation oscilla un temps entre la chanson et le cinéma, mit un terme aux carrières qui s'offrirent à elle à peu près aussi rapidement que celles-ci étaient nées : outre une seconde apparition au cinéma, Sibylle quitta en effet l'Allemagne pour s'installer en Amérique afin de se consacrer à sa vie de famille.
Depuis : silence. Et mystère. Ce qu'il nous reste aujourd'hui d'elle - trésor précieux entre tous -, de son absence, tient dans une poignée de pépites, religieusement conservées puis réunies par les soins de son fils Robby au milieu des années 2000 sur un unique et même disque baptisé "Colour Green". En réalité, l'album se révèle être la compilation de quatorze chansons folk enregistrées ça et là sur une période d'environ trois années, soit de 1970 à 1973, parmi lesquelles on retrouve tout de même la version "en musique" du fameux morceau fredonné plus haut.
L'écoute en est homogène d'un bout à l'autre, sans jamais sortir de cet étroit sillon, par elle seule creusé. Où l'on se dit que, quatorze chansons, cela passe finalement bien, bien vite... Comme un souffle. En bref : un petit bijou de folk féminin, dépouillé, intimiste, mélancolique mais toujours chaleureux, désuet et intemporel en même temps. A découvrir - en partie - ici. D'abord, pour le plaisir des oreilles. Quant à celui des yeux... je crois que je ne suis plus objectif : j'adore les filles aux longs cheveux châtains...

jeudi 8 décembre 2011

Losers Weepers

Parmi les événements qui échauffèrent les esprits durant l'été dernier, on voudra bien se souvenir des tristement célèbres émeutes londoniennes qui, heureusement, sans faire de victimes graves, ont néanmoins eu pour malheureux résultat l'incendie des entrepôts de la firme SONY, entre autres hébergeur du distributeur belge PIAS, celui-là même qui fournissait de nombreux labels de musique (et de Dvd) à travers le nord de l'Europe : XL, Domino, Beggars, Rough Trade, 4AD, Sub Pop, Mute, Ninja Tune, Wall of Sound... et Finders Keepers. Pour certaines de ces structures, le désastre pouvait s'élever jusqu'à 90% de leur stock !
Pour parer ce coup dur, le label d'Andy Votel se proposa de sortir quelques compilations faites à la main - la série "Make Do & Mend" ("réparer et s'arranger") -, concoctées par leurs potes (Jarvis Cocker, David Holmes, Belle And Sebastian...) auxquels ils demandèrent de piocher leurs morceaux préférés figurant au catalogue. Compilations "symboliques", souscriptions même pas déguisées, qui n'apportent pas grand-chose aux fans hardcore du label (hormis un ou deux inédits, dont ce "I like Blue", par YellowHammer), mais qui me donnèrent l'idée de ce post : pourquoi ne pas y présenter ma sélection rien qu'à moi ?
Ainsi, cela aurait pu donner quelque chose comme ceci :
1) Speck Mountain "Hey, Moon (de la compilation Bearded Ladies)
2) Jacky Chalard "Superman, Supercool"
(de l'album Je suis vivant mais j'ai peur)
3) Sapan Jagmohan "Sote Sote Adhi Rhat"
(de la compilation Bollywood Bloodbath)
4) Jane Weaver "The Fallen By Watch Bird" (de l'album du même nom)
5) Gillian Elisa "Hedfan" (de la compilation Welsh Rare Beat)
6) Chris Harwood "Wooden Ships"
(tiré de l'album Nice To Meet Miss Christine)
7) Billy Green "Race" (de la musique du film Stone)
8) Les Maledictus Sound "Kriminal Theme"
(de la compilation Midnight Massiera)
9) Rung Fah Puping "Pu Yai Lee Santana"
(de la compilation Thai? Dai!)
10) Albert Band "Ella tiene el cabello rubio"
(de la compilation Absolute Belter)
11) Anna Adamis & Gabor Presser "Ringasd el magad part. 2"
(de la compilation Well Hung)
12) la version originale (instrumentale) de "Willow's song"
(de la compilation Willows Songs)
Folk-rock (féminin) psychédélique, Freakbeat espagnol, Prog-Rock hongrois, musiques de films Bollywood, beats asiatiques... Une excuse supplémentaire pour partager un échantillon de ces musiques exigeantes et entêtantes. Bonne écoute !

dimanche 27 novembre 2011

Mémoires d'Outre-Tombe

Dimanche gris, maussade, vide... Mon esprit erre au loin, sans but... ni même faire l'effort de se dérouler... jusqu'à l'étincelle, cette fameuse madeleine ! Alors que j'écoutais, de façon presque distraite, "A small collection of rare, delightful folk oddities for strange adults and maybe their children too" (Trunk records, 2006) - et ce faisant suite à un album de comptines concocté par les deux sœurs Simon -, se détache comme par enchantement une ritournelle minimaliste, jouée à l'ocarina, qui semble sortir tout droit d'outre-tombe :
Je me redresse, ma mémoire désormais aux aguets, cherchant à localiser dans le temps le moment où ancrer ce point précis, ce petit air de rien, pourtant connu de manière quasi-génétique. La pochette du CD me livre un nom : Pierre Arvay. Je brûle. Le clic suivant sera mon sésame : Pierre Arvay, le compositeur de la musique d'Aglaé et Sidonie. Les souvenirs peuvent maintenant affluer. Soulagé, je constate que chaque chose est de nouveau là, bien à sa place.
C'est remonté comme ça, d'un coup : les heures passées devant le téléviseur, à emmagasiner inconsciemment - essayez vous-mêmes, les mélodies vous reviennent intactes, comme apprises par cœur, dès les premières notes - des centaines de musiques de séries animées "pour enfants". Mais, attention : je parle ici des vrais enfants, ceux qui ne connaissent pas les à priori, à qui personne n'a encore inculqué les notions de bon, voire de mauvais goût, ni les "grands", ceux qui matent déjà "Ken le survivant" et "Les chevaliers du zodiaque" ! Ceux que peuvent encore émouvoir des choses comme...
 "Chapi Chapo", par François de Roubaix...
 L'italien "Mio Mao"... ou encore...
Le "1, Rue Sésame" brésilien, et, sans oublier...
Les incontournables "Dr Teeth and the Electric Mayhem",
 du Muppet Show himself - merci, M. Henson !
Une serpillère verte - qu'on croirait dessinée par Arcimboldo - qui chante ? Et comment oublier Animal, le batteur fou de la bande à Kermit ?... Tout est bon. Mais le risque majeur de l'enfance, dans tout cela, c'est bien de ne pas en sortir. On peut y retomber à n'importe quel âge, sans prévenir. (Version "Albator 78" pour les garçons, ou "Mon Petit poney" pour les filles.) Et il y a toujours des gens (adultes) pour vous y aider : Johnny Trunk, donc, mais aussi  Andy Votel, François de Roubaix, Jean-Claude Vannier, ou l'impeccable Lubos Fiser, déjà cité dans ces pages !
Outre ses musiques pour films, la vaste discographie de ce dernier comporte en effet de nombreuses compositions destinées à des programmes - pour la plupart, des séries d'animation - pour la jeunesse. Ainsi, à côté de quelques épisodes de "La petite taupe", on peut trouver, en cherchant un peu ce qu'a fait le monsieur dans les années 70, de petites perles comme :
 ("Svatebni Kosile", 1978, deuxième partie ici !)
("Jeruzalemska Ulice", la même année, deuxième partie là !)
Et d'autres encore, à découvrir, celles-là... Des films précieux, aux antipodes des productions actuelles, et qui, réalisés à la main, peuvent davantage et plus profondément toucher que la plupart des productions plus lissées - et aseptisées ? -, asiatiques ou américaines, ingurgitées jusqu'à saturation. Des films qui, enfin, ne manqueront pas d'évoquer ceux de celui qu'on considérait par ailleurs comme le "Walt Disney de l'Est" : Jiri Trnka. Des films qui donnent envie de garder grand ouvert ses yeux d'enfant, et de continuer à s'émerveiller tout éveillé. Tiens ?... Les nuages sont partis... Il se fait tard... Je crois entendre des voix... J'ai bien dit : les "Flumps" ?...

lundi 7 novembre 2011

Did Video Really Kill The Radio Star?

Aaaaahhh... Le charme du Kitsch, des "vieilleries"... Leur parfum désuet... Cette noblesse déchue qui a su garder sa superbe malgré les âges, vers laquelle on se retourne sans pouvoir s'empêcher d'arborer un sourire en coin - complice malgré la différence d'âge -, et qui continue de nous fasciner, nous, avec nos yeux ouverts de grands enfants... Parce que les Buggles se sont peut-être plantés, après tout : Dieu, dans son infinie bonté, avait créé le Scopitone bien avant la vidéo !
Le Scopitone, kézako ? En gros, et pour résumer : "Le Scopitone [du grec scopein (regarder) et tonos (tonalité)] est un juke-box alliant, grâce à un dispositif mécanique automatisé, le son et l’image cinématographique en couleurs projetée sur un écran de verre dépoli. L’appareil contient trente-six films au format 16 mm, à piste magnétique, conditionnés sur des bobines de 30 m.
Le Scopitone marque un jalon dans l’histoire de l’entreprise française Cameca (Compagnie d'applications mécaniques à l'électronique, au cinéma et à l'atomistique), issue de l’absorption en 1954 de la société Radio Cinéma (créée en 1929) par la Compagnie générale de télégraphie sans fil (CSF). La société Cameca, installée à Courbevoie, a construit des appareils cinématographiques et des instruments scientifiques de très haute précision (notamment pour les radars aériens). En avril 1960, la société présenta le Scopitone au Salon de Paris. Cédant à la concurrence de la télévision, les activités vidéo seront interrompues au début des années 1970. La Cameca se tourne alors exclusivement vers la fabrication d'appareils de mesures à usages scientifiques.
Le Scopitone constitue une étape marquante de l’histoire du clip musical. La réalisatrice Germaine Dulac (1882-1942) se livre ainsi à cet exercice en 1930 en adaptant au cinéma des chansons de Fréhel.
" Le Scopitone est donc un juke-box vidéo. CQFD.
(modèle simple)
(modèle vendu avec le chanteur Frankie Avalon)
Et là, on se le demande, on brûle de savoir ce qu'ils pouvaient bien regarder (et écouter) comme clips dans les années 60, les d'jeuns ! (Mais, si : les swinging sixties !... souvenez-vous !...) Réponse en images :
(Et lui, et lui, et lui...)
(...des clips franchement "marteau", donc...)
(...qui mettent en scène des Boys bands...)
(...ou des midinettes...)
(...et, pour les moins chanceux...)
La liste est longue : sites, festivals, objets vintage... tous les prétextes sont bons au revival. Parlez-en à vos parents, on ne sait jamais... Renieraient-ils ces gauloiseries juvéniles ?
Moralité :

dimanche 6 novembre 2011

Happy Birthday To You...

Cette année, quelques-uns parmi les plus grands albums de tous les temps vont fêter leurs anniversaires, nombreux et variés - il y en a pour tous les âges ! Selon les goûts, on peut les apprécier (ou pas) ; on peut également les (re)découvrir ; on pourra enfin - pourquoi pas ? - boire un coup à la santé de ces superbes galettes. Et pas question d'échelle de valeurs ici : il n'est question - je l'espère - que de (bonne) musique... Commençons donc par les vieux pots (puisqu'il paraît qu'on y fait la meilleure soupe) ! Fêtent ainsi leurs quarante ans :

Sans oublier le tout premier "Polnareff's", "Métronomie" ou encore l'"Obsolète" de Dashiell Hedayat, disques maudits parmi les disques maudits... Et sans compter non plus que certains ont les moyens de faire ça bien...
Suivent en rang quelques trentenaires... Plus modestes, ceux-là (mais leur heure viendra bientôt...).
Même les maxis 45t sont à l'honneur : se rappeler Grandmaster Flash, entre autres... Ce qui nous amène maintenant à ceux qui viennent tout juste de fêter leurs vingt ans (s'il y en a dans la salle qui s'en souviennent...) :


Et puis... Et puis aussi... Et encore... ça se bouscule au portillon, comprenez, c'est toute ma jeunesse qui défile devant mes yeux : mes années Inrockuptibles ; le concert de U2 à l'hippodrome de Vincennes ; les soirées étudiantes où de jolies anglaises aux longs cheveux blonds m'ont fait écouter ceci :
... Ce à quoi je ne trouve plus rien à dire, resté scotché devant la platine CD à me demander d'où peut bien sortir cette ligne de basse "trop mortelle" ???... Ma vie bascule alors lentement... Enfin, c'est fait. Il faut bien que jeunesse se passe. Mais vous allez voir ce que vous allez voir : si cela se trouve, je vous en reparlerais encore dans dix ans !...