Quand j'étais jeune, outre les signes classiques de rassemblement que l'on peut habituellement distinguer dans la cour d'un collège lambda - parmi lesquels : le survêtement Adidas Challenger, la balle de tennis - comprenez : le ballon de foot de tout ado fauché -, les images Panini (en double), les billes (plus rares, celles-là : on était tout de même des grands, au collège)... -, figurait comme sujet de conversation récurrent le programme télé maté la veille. (Pour rappel : j'ai connu la 5ème chaîne, môooa - ça calme, hein ?) Et, là, tous les trois mois, l'on était à peu près sûr d'entendre au moins un groupe d'ados disséquer puis se rejouer à l'envi les sketches réalisés par Les Inconnus pour leur cultissime émission diffusée à l'époque (1990-1993) sur Antenne 2 : "La télé des Inconnus".
Cet ex-quatuor (devenu célèbre (voire énoooorme) sous sa formule de trio : Didier Bourdon, Bernard Campan & Pascal Légitimus), sorti tout droit de chez Philippe Bouvard, on le connaissait bien grâce à ses premiers spectacles, d'où furent extraites quelques répliques inoubliables du style : "Stéphanie de Monaco", "Vous m'avez dit de pas dire Hardy", "A mort Louis croix-vé-bâton", "Avec télémagouille, on en a plein les fouilles", et j'en passe... Bon. Je dois confesser ne pas savoir apprécier totalement leur spectacle sur scène. En contrepartie, je fus - et resterai - un adepte inconditionnel et sans faille de leurs mémorables détournements cathodiques, qui furent pour moi (et qui continuent de le rester à l'heure actuelle), cela va sans dire, un réel bonheur.
En quelques années de gloire télévisuelle, avant la séparation puis les envols des carrières respectives de chacun, ces trois-là se sont fait un plaisir évident, palpable, en pastichant allégrement tout ce que le PAF offrait alors dans ses registres les plus divers et variés : musique, sitcoms, jeux, actualité, fictions... tout était bon puis passé à la moulinette "Inconnus". Et le résultat ne décevait que très, très, très rarement, il faut le reconnaître.
Alors : oui. Ce sont bien un condensé des années 80, j'ai envie de de dire : "dans toute leur beauté", qu'il est ainsi possible de se remémorer ici, en l'espace de quelques minutes seulement (sauf si, comme moi, vous avez du mal à décrocher de ces sketches que vous allez jusqu'à visionner plusieurs fois de suite, en boucle).
Bizarrement, je me surprends à rire de nouveau - tout étant savamment imité, faire particulièrement attention aux détails, cadrages, musiques, etc. Grosso merdo, on avait donc, à l'époque, le choix entre ces fameux Inconnus, d'un côté, et, du côté de la (seule) chaîne cryptée, cette autre fameuse bande de comiques, qui faisait également "tendance" : Les Nuls. Rappelez-vous, c'était eux...
Une autre fameuse école, que celle-là, en vérité je vous le dis ! Célèbres par leurs milliers de fausses pubs, leur JTN, ainsi qu'une série de SF "Objectif : nul"... Alain Chabat, Bruno Carette, Dominique Farrugia et Chantal Lauby n'ont pas fait moins qu'écrire là une sacrée page de l'histoire de Canal+. Ceci étant une autre histoire, qui les mena tout droit jusqu'à...
Les uns comme les autres ont donc eu, plusieurs années durant, carte blanche pour divertir un pays entier. On doit pouvoir encore retrouver, chez les gens de ma génération, les séquelles de toutes ces années passées devant nos téléviseurs. J'ai cependant peur que celles et ceux qui ne se surprennent pas à réciter - fussent-elles prononcées malgré eux ou non - de telles répliques ne peuvent - hélas ! - me comprendre. Aussi, à ces derniers, il ne me reste plus qu'à tenter de leur expliquer : "Ouais, ouais, ouais... C'était ça, la télévision dans les années 90." Et vice et versa.
Aaaaahhh... Le charme du Kitsch, des "vieilleries"... Leur parfum désuet... Cette noblesse déchue qui a su garder sa superbe malgré les âges, vers laquelle on se retourne sans pouvoir s'empêcher d'arborer un sourire en coin - complice malgré la différence d'âge -, et qui continue de nous fasciner, nous, avec nos yeux ouverts de grands enfants... Parce que les Buggles se sont peut-être plantés, après tout : Dieu, dans son infinie bonté, avait créé le Scopitone bien avant la vidéo !
Le Scopitone, kézako ? En gros, et pour résumer : "Le Scopitone [du grec scopein (regarder) et tonos (tonalité)] est un
juke-box alliant, grâce à un dispositif mécanique automatisé, le son et
l’image cinématographique en couleurs projetée sur un écran de verre
dépoli. L’appareil contient trente-six films au format 16 mm, à piste
magnétique, conditionnés sur des bobines de 30 m.
Le Scopitone marque un jalon dans l’histoire de l’entreprise française
Cameca (Compagnie d'applications mécaniques à l'électronique, au cinéma
et à l'atomistique), issue de l’absorption en 1954 de la société Radio
Cinéma (créée en 1929) par la Compagnie générale de télégraphie sans fil
(CSF). La société Cameca, installée à Courbevoie, a construit des
appareils cinématographiques et des instruments scientifiques de très
haute précision (notamment pour les radars aériens). En avril 1960, la
société présenta le Scopitone au Salon de Paris. Cédant à la concurrence
de la télévision, les activités vidéo seront interrompues au début des
années 1970. La Cameca se tourne alors exclusivement vers la fabrication
d'appareils de mesures à usages scientifiques.
Le Scopitone constitue une étape marquante de l’histoire du clip
musical. La réalisatrice Germaine Dulac (1882-1942) se livre ainsi à cet
exercice en 1930 en adaptant au cinéma des chansons de Fréhel." Le Scopitone est donc un juke-box vidéo. CQFD.
(modèle simple)
(modèle vendu avec le chanteur Frankie Avalon)
Et là, on se le demande, on brûle de savoir ce qu'ils pouvaient bien regarder (et écouter) comme clips dans les années 60, les d'jeuns ! (Mais, si : les swinging sixties !... souvenez-vous !...) Réponse en images :
(Et lui, et lui, et lui...)
(...des clips franchement "marteau", donc...)
(...qui mettent en scène des Boys bands...)
(...ou des midinettes...)
(...et, pour les moins chanceux...)
La liste est longue : sites, festivals, objets vintage... tous les prétextes sont bons au revival. Parlez-en à vos parents, on ne sait jamais...Renieraient-ils ces gauloiseries juvéniles ?
Cette année, quelques-uns parmi les plus grands albums de tous les temps vont fêter leurs anniversaires, nombreux et variés - il y en a pour tous les âges !Selon les goûts, on peut les apprécier (ou pas) ; on peut également les (re)découvrir ; on pourra enfin - pourquoi pas ? - boire un coup à la santé de ces superbes galettes.Et pas question d'échelle de valeurs ici : il n'est question - je l'espère - que de (bonne) musique... Commençons donc par les vieux pots (puisqu'il paraît qu'on y fait la meilleure soupe) ! Fêtent ainsi leurs quarante ans :
Sans oublier le tout premier "Polnareff's", "Métronomie" ou encore l'"Obsolète" de Dashiell Hedayat, disques maudits parmi les disques maudits... Et sans compter non plus que certains ont les moyens de faire ça bien...
Suivent en rang quelques trentenaires... Plus modestes, ceux-là (mais leur heure viendra bientôt...).
Même les maxis 45t sont à l'honneur : se rappeler Grandmaster Flash, entre autres... Ce qui nous amène maintenant à ceux qui viennent tout juste de fêter leurs vingt ans (s'il y en a dans la salle qui s'en souviennent...) :
Et puis... Et puis aussi... Et encore... ça se bouscule au portillon, comprenez, c'est toute ma jeunesse qui défile devant mes yeux : mes années Inrockuptibles ; le concert de U2 à l'hippodrome de Vincennes ; les soirées étudiantes où de jolies anglaises aux longs cheveux blonds m'ont fait écouter ceci :
... Ce à quoi je ne trouve plus rien à dire, resté scotché devant la platine CD à me demander d'où peut bien sortir cette ligne de basse "trop mortelle" ???... Ma vie bascule alors lentement... Enfin, c'est fait. Il faut bien que jeunesse se passe. Mais vous allez voir ce que vous allez voir : si cela se trouve, je vous en reparlerais encore dans dix ans !...
S'il y a bien un truc qui me fait invariablement fondre, ce sont les voix féminines : chantantes, seule ou à plusieurs, a cappella ou accompagnées par des musiciens, rien à faire. Chanteuses de musique folk, de new wave, de trip-hop ou de classique... je finis toujours par succomber à leurs charmes de sirènes - voire leurs griffes de velours. Et j'en redemande. (Ma chair est bien faible, décidément.)
Dans un registre bien précis, celui de la "pop à Paris", j'ai un temps cherché, parmi ces innombrables "swinging mademoiselles", celle qui, plus que les autres, saurait accaparer totalement mes sens, me vampiriser, incarner à jamais mon idéal féminin, immatériel, celui que je passerais mes nuits à essayer d'imaginer (le but étant de ne jamais vraiment y parvenir). Cet idéal, je reconnais aujourd'hui ne pas l'avoir trouvé. Toutefois, certaines ont su s'en approcher.
Elle, c'est Léonie. Léonie Lousseau. Mais on la connaît surtout par son prénom. Sa carrière n'est pas d'une longévité enviable ni même exceptionnelle (à peine une demi-douzaine de 45 tours en dix ans mais aucun album) ; elle ne figure pas non plus parmi les méga-canons de beauté que l'époque a vu naître ; pourtant, en dépit de cela, deux ou trois chansons bien placées lui ont suffi pour que le charme fragile de sa voix, parfois plus proche du susurrement "à la Birkin" que du chant, opère. Exemple :
Léonie a toujours été, il faut le reconnaître, bien entourée. Si elle revisite le répertoire de Jean-Claude Vannier ("Je m'appelle Géraldine" ou "L'enfant assassin des mouches"), on retrouve également derrière elle les arrangements du duo Karl-Heinz Schäfer/Christophe - celui-là même d' "Aline" et des "mots bleus", second couteau occasionnel pour l'écurie Motors -, comme sur ce magnifique "Lennon" :
Mais leur collaboration ne durera seulement qu'un temps (grosso modo de 71 à 73, à peine une paire d'années plus ou moins prolifiques). On retrouve ainsi Léonie chanter sur un morceau de la musique du mythique film "Les gants blancs du diable", sorti en 1973 et écrite par le même Schäfer, ou parolière pour Christophe, un an plus tôt, avec lequel elle reste encore en contact. "La fille de la véranda", celle de Julien Clerc - écrite par son propre futur collaborateur, Roda-Gil - : c'est elle. Malgré cela, Léonie n'enregistrera encore guère que deux ou trois singles jusqu'en 1979, collaborant occasionnellement ça et là, avant de disparaître définitivement du circuit pour raisons personnelles, semble-t-il.
La chanteuse s'est faite rare depuis bientôt 30 ans. Comme tant d'autres. Je tiens pour ma part à lui confesser qu'elle aura toujours eu pour moi ce mot de la fin, précieux, un unique vers ô combien désuet, néanmoins de ceux qui m'ont longtemps titillé : "Détricote-moi ma jupe-culotte".
Il
y une paire d’années de cela, Vents d’Ouest a eu l’excellente idée de republier,
sous forme d’intégrale, la trilogique série Inner
City Blues concoctée par Fatima Ammari-B (scénario) et Bruno Thielleux
(dessin), soit une BD en forme d’hommage à un genre cinématographique pour le
moins « exotique » en France : la Blaxploitation. D’ordinaire réservée aux fans de Tarantino et/ou
aux mordus de cinéma de série B (jusqu’à Z) – les uns se retrouvant assez
souvent chez les autres –, le « genre » en question n’avait encore
jamais connu meilleure adaptation dessinée que dans ces quelques 150 pages. Du
moins, pas à mon goût – c’est-à-dire sans excès ni mièvrerie.
« Genre »
à part entière pour les uns, inconnue au bataillon pour les autres, la Blaxploitation ressuscitait donc sous
les traits clairs et « chalandiens » de Brüno (Thielleux), l’intelligence des auteurs leur ayant permis ce sursaut
en se jouant de la plupart des codes et références inhérents à ce pan de la culture
afro-américaine, mais intelligemment ; en posant, avec leurs yeux de
grands enfants, un regard mi-amusé mi-sérieux, mais forcément moderne, sur cette
glorieuse mythologie. Le résultat donné ici se présente donc comme un hommage adulte,
respectueux à tous les niveaux, d’autant savoureux qu’il ne semble pas se
prendre plus au sérieux. Au passage, rejetons toute notion d’« exotisme »,
de « clinquant », de « kitsch » et ce qu’on voudra, au second
plan (même si, visuellement parlant, la plupart de ces symboles demeure omniprésente :
70’s obligent !) : là ne se
trouvaient vraisemblablement pas les intentions premières des auteurs – même si
l’on sent un travail de recherche évident –, et c’est tant mieux.
Pour
ceux qui seraient passés à côté lors de sa sortie, rappelons que l’action se
déroule donc à Inner City, typique metropolis
américaine, en septembre 1972, et que les personnages principaux – deux
frangins, magouilleurs à la petite semaine – se retrouvent enrôlés malgré eux à
un échelon supérieur par un caïd local qui les entraînera, sans leur laisser d’autre
choix, à travers une spirale de violence et de drogues allant crescendo, jusqu’à
leur propre perte. La loi du milieu,
en somme. Il va sans dire qu’il n’y a, dans cette histoire, ni « noir »
ni « blanc ». On regrette un manque de profondeur par endroits, mais qui
n’empêche nullement l’engrenage qui se met progressivement en place de faire
preuve d’une implacable efficacité – les revirements de situation étant au
diapason : ni trop fréquents ni trop spectaculaires. En résumé, c’est léger,
bien ficelé et assez bluffant.
Du
genre ? Vue d’ici, l’intrigue paraît linéaire, manichéenne. (Ce qui, au
passage, lui confère un statut « classique » immédiat.) Ça sent le
règlement de comptes entre gangs en bonne et due forme, comme on en trouve dans
n’importe quelle série B. Là où le scénario bluffe tout le monde (sur la forme,
pas le fond), c’est quand on réalise que ce simple schème se révèle être multiplié
par trois, rejoué dans chaque volume mais toujours selon le point de vue d’un protagoniste
différent : 1° deux frères / 2° un personnage – secondaire ?
– rencontré à la fin du premier volume / 3° « l’employeur » de
la fratrie en question. Preuve qu’il n’existera jamais une seule histoire. Ou plutôt :
si. Trois facettes qui se fondent en une. Trois vues qui aboutiront forcément à
la même conclusion, mais pas pour les mêmes raisons. Et là, ça devient carrément
une excellente série B. Il faut donc se montrer patient avant de savourer
pleinement Inner City Blues. Outre de
divertissantes incartades – des militants de la secte Rahool à l’épisode du succulent « Extra Giant Fat’s Burger’n
big Bacon », entre autres –, tous ces éléments se cousent et se décousent,
s’enchevêtrent ainsi au fil des tomes – ce qui provoque nécessairement quelques
flashbacks –, mais ne permettent au lecteur avide, tout en lui apportant systématiquement
un éclairage nouveau, d’en mesurer réellement la portée qu’à l’issue de
l’ultime opus, une fois les différentes faces de ce Rubik’s cube correctement repositionnées les unes à côté des
autres. En outre, chaque histoire nous ramène toujours irrémédiablement vers le
même climax final, inévitable. Mais là encore, il faut s’attendre à un coup de poker
de dernière minute. Comme dans les films de Tarantino – Pulp Fiction (1994) et Jackie
Brown (1997) en tête –, les auteurs adoptent ici successivement les points
de vue respectifs des personnages de cette triangularité pour ne
donner un sens global à l’histoire qu’en tout dernier lieu. Ce n’est pas
innocent si la filmographie de QT reste largement redevable à ce genre
cinématographique mésestimé (qu’il a depuis contribué à remettre au goût du
jour). De fait, c’est une boucle qui se boucle. Ici, c’est un peu pareil :
la BD rejoint finalement les films qui l’ont nourri. De ceux qu’on hésitera
toujours à classer entre le drive-in
du samedi soir et la sélection officielle du festival de Cannes. Parce que ça a
quand même de la classe. La classe d’une noblesse déchue.
Des
références ? Par bonheur, la scénariste ne se borne pas aux « canons »
black de rigueur. Quelques touches plus personnelles font souvent mouche et non sans humour : les personnages
principaux sont deux frères qui s’appellent tout bonnement Arnold et Willie (fameuse
série homonyme créée par Kukoff, Harris & Kenwith, 1978) ; le caïd,
Yaphet Kotto (acteur noir célèbre pour ses seconds rôles dans des films tels
que Meurtre dans la 110ème rue
(Barry Shear, 1972)). D’un côté, on parle comme dans L’inspecteur Harry (Don Siegel, 1971) ; de l’autre, on regarde
la rediffusion d’Au-delà du réel (série
créée par Leslie Stevens, 1963-1965) à la télévision. On révère le boxeur
George Foreman et on couche avec des prostituées qui se nomment Pamela et
Sue (deux personnages féminins de la série Dallas,
1978)… Enfin, volontiers plus jazz – tendance
free – que funk, on y écoute Max
Roach (We insist ! Freedom now suite,
1960), Jimmy Smith (Rootdown, 1972) et
Sun Ra (Space is the place, rare anachronisme
de… 1973) ! Et l’on va forcément au cinéma voir Blacula (William Crain, 1972). Concrètement, c’est en quelque sorte
l’idée qu’on peut se faire d’une BD « complète », de tous les sens : d’un (9ème)
art « englobant », qui inclurait tous les autres (sculpture et
peinture compris : cf. la séquence du dernier volet, où l’on déambule dans
le musée d’art contemporain, entre les masques africains et… Marcel Duchamp).
Et, personnellement, je ne peux qu’adhérer pleinement à cette philosophie :
un auteur – de BD, de littérature, etc. – se doit d’avoir un tel univers
« total ».
La
Blaxploitation vient de fêter ses
quarante ans. Et c’est le plus sincèrement du monde qu’Inner City Blues – d’après une chanson de Marvin Gaye (sur
l’album What’s going on, 1971) – parvient
à lui rendre un hommage à sa hauteur : fidèle à ses modèles, la bande
dessinée ne déborde finalement que ponctuellement d’un cadre conventionnel mais
n’en reste pas moins un objet à la fois intelligent, plaisant et suffisamment
notable dans le domaine du pastiche pour être apprécié par les aficionados de
culture « bis » comme par
ceux qui rêvent d’y être initiés. Au pire, elle restera une attraction de plus,
dépaysante, vaguement excitante, typique de celles dont l’Histoire de France ne
saura jamais nous fournir semblable exemple. Alors, autant se surprendre à en sourire.
Bon. D'accord... Je n'avais même pas dix ans, à l'époque, d'abord !... Alors, forcément... Le bikini de la princesse Leïa, ça laisse des marques (sans jeu de mots)... Et quand je pense que cela aurait pu aller bien plus loin (voir ici)...
J'avoue ne pas savoir par où commencer, tant cela afflue de toutes parts, me presse de tous les côtés, suinte de tous les recoins de mon être, et tout cela pèle-mêle, de façon quasi-anarchique, révolutionnaire, sans aucune espèce de hiérarchie possible à l'horizon. Autant dire que cela bouillonne ! Qu'avais-je donc fait pour que, des années après, cela soit de retour?... Et d'abord : qu'est-ce que cela, me dira-t-on ?
Si, à peine remis, je procède lentement par étapes, rassemblant logiquement tous mes esprits, je pourrais situer l'épicentre de l'onde de choc dans un futur on ne peut plus proche : 2012, pour être précis. Et elle devrait ressembler à ceci :
Car : oui. Cela paraît difficile à croire, mais c'est pourtant bien réel : alors qu'on les croyait depuis enterrés (malgré les "sequels" et autres "specials"), les Ewing sont bel et bien de retour. Et Southfork, toujours debout. Bobby, JR, Sue Ellen... Aarf ! 30 ans après leur première apparition sur le petit écran français. Parce que, croyez-moi, "Dallas", c'est quelque chose que, même 30 ans plus tard, on ne peut pas oublier.
Le truc, c'est que cela m'a replongé, du même coup, dans cet autre univers impitoyable, celui de l'ombre, que l'on ne nomme pas : les génériques des séries télévisées. En général, il est prouvé de manière quasi-scientifique - études linguistiques comparées des thèmes à l'appui - qu'un bon nombre d'entre eux ne sont que les reflets de pâles transpositions de la version directement importée du pays du producteur. (Tout particulièrement lorsqu'il s'agit de dessins animés.) Ce qui, au demeurant, n'a guère d'intérêt en soi. Là où cela devient autrement plus intéressant, voire passionnant, c'est quand ledit générique du feuilleton TV se révèle une création originale. (Comprenez : un truc labellisé made in France, écrit par des auteurs-compositeurs et interprétés par des artistes bien de chez nous.) Et dans cette catégorie-là, force m'est de constater que notre beau pays en possède quelques-uns, et parmi les plus beaux fleurons (ceux-là même que le monde entier devrait - en toute logique - nous envier).
Exemple. Dans la catégorie des interprètes, tout d'abord, les premiers à payer physiquement de leur personne - c'est tout de même leur nom (voire, plus rarement, leur photo) qui apparaît (en médaillon) au recto de la pochette du disque -, on trouve deux mercenaires bien rodés, aguerris, si je puis dire, à ce périlleux exercice, et qui, loin de s'en plaindre, ont réussi à bâtir une partie (confortable) de leur carrière sur ce fil du rasoir : Jean-Pierre Savelli et Lionel Leroy.Pour ceux qui ne seraient pas encore en âge de les connaître, laissons le premier se présenter lui-même.
Et oui, Savelli n'a pas moins réalisé là qu'un grand écart : ou comment passer de Michel Legrand à Goldorak, puis de Goldorak à... Peter & Sloane ?...
... via "Albator", donc, comme il le disait (cela dit, on peut en douter si l'on écoute bien ladite version), mais d'autres encore, et non des moindres...
Cerise sur le gâteau, l'anecdote relative à Paul Persavon (alias le seul et unique Antoine de Caunes, donc, celui des "Enfants du Rock", de "Rapido" et... "Lucky Luke") nous semble même - rétrospectivement - amusante : on aurait presque envie de retourner exhumer ses vieux 45t des cartons du grenier, rien que pour voir.
Quant à Lionel Leroy, autre "voix" bien connue de nos tympans pré-adolescents, il ne s'est pas seulement rendu célèbre pour avoir été l'époux de Sheila. Que l'on veuille bien constater ici un instant la discographie qui suit : "Wonder woman", "Starsky et Hutch"...
Ce qui me ramènerait pour un peu aux soirées rituellement passées devant FR3, lorsque j'attendais la diffusion de cet "Ulysse 31", programmé en épisodes de cinq minutes durant la semaine, juste avant les "Jeux de 20 heures", puis en intégralité, le week-end... Le reste n'est que littérature, si je puis dire. Et, là, j'ai bien envie d'ajouter : Muhahahah !... Mais, bizarrement, rien ne sort, quelque chose m'en retient. Un je-ne-sais-quoi. Peut-être parce que le meilleur reste à venir.
Le meilleur ? Tous les collectionneurs de disques vous le confirmeront : le meilleur n'est pas forcément inscrit en lettres capitales au recto de la pochette des disques. En l'occurrence, si l'on examine un minimum celle du fameux 45 tours du "Albator 78" en question (parce que, bon, celui de 84 c'était déjà plus ça...), on distingue nettement, en police corps 10, les noms du compositeur ainsi que du parolier. Et, là, comment ne pas s'écrier : Eric Charden ??? Didier Barbelivien ??? Hélas. Si l'on ne présente plus aujourd'hui l'un et l'autre, si chacun pensait connaître dans les plus infimes détails les carrières nationales, mondiales, planétaires, respectives de ces deux immenses stars de la chanson française - ne pas se tromper : Stone accompagne toujours plus ou moins Charden ; Barbelivien avait plutôt choisi Félix Gray -, il ne faut pas non plus occulter l'existence officielle de cet éphémère duo. Car on leur doit également :
... ainsi que, grâce à Charden, cette petite chose qui s'appellait "Onze pour une coupe", et qui accompagnait la coupe du monde de football en Espagne, en 1982 (version Perec : je me souviens... de l'album d'images Panini...) :
Quand je vous disais que cela allait chercher loin... Leur pardonnera-t-ton ? (Genre : ils étaient jeunes, sans le sou, et ne mangeaient pas toujours à leur faim ?...) Cela dit, je dois malgré tout confesser un péché : j'éprouvais à l'époque un faible pour le morceau sur la face B du 45 tours d'Albator : un instrumental d'ambiance noire, assez sympa dans mon souvenir, principalement joué au synthé et qui s'appelait "La bataille d'Albator". Quant à Barbelivien, j'ai failli le prendre en sympathie le jour où j'ai découvert son meilleur morceau, "Un chagrin d'amour" :