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jeudi 8 décembre 2011

Losers Weepers

Parmi les événements qui échauffèrent les esprits durant l'été dernier, on voudra bien se souvenir des tristement célèbres émeutes londoniennes qui, heureusement, sans faire de victimes graves, ont néanmoins eu pour malheureux résultat l'incendie des entrepôts de la firme SONY, entre autres hébergeur du distributeur belge PIAS, celui-là même qui fournissait de nombreux labels de musique (et de Dvd) à travers le nord de l'Europe : XL, Domino, Beggars, Rough Trade, 4AD, Sub Pop, Mute, Ninja Tune, Wall of Sound... et Finders Keepers. Pour certaines de ces structures, le désastre pouvait s'élever jusqu'à 90% de leur stock !
Pour parer ce coup dur, le label d'Andy Votel se proposa de sortir quelques compilations faites à la main - la série "Make Do & Mend" ("réparer et s'arranger") -, concoctées par leurs potes (Jarvis Cocker, David Holmes, Belle And Sebastian...) auxquels ils demandèrent de piocher leurs morceaux préférés figurant au catalogue. Compilations "symboliques", souscriptions même pas déguisées, qui n'apportent pas grand-chose aux fans hardcore du label (hormis un ou deux inédits, dont ce "I like Blue", par YellowHammer), mais qui me donnèrent l'idée de ce post : pourquoi ne pas y présenter ma sélection rien qu'à moi ?
Ainsi, cela aurait pu donner quelque chose comme ceci :
1) Speck Mountain "Hey, Moon (de la compilation Bearded Ladies)
2) Jacky Chalard "Superman, Supercool"
(de l'album Je suis vivant mais j'ai peur)
3) Sapan Jagmohan "Sote Sote Adhi Rhat"
(de la compilation Bollywood Bloodbath)
4) Jane Weaver "The Fallen By Watch Bird" (de l'album du même nom)
5) Gillian Elisa "Hedfan" (de la compilation Welsh Rare Beat)
6) Chris Harwood "Wooden Ships"
(tiré de l'album Nice To Meet Miss Christine)
7) Billy Green "Race" (de la musique du film Stone)
8) Les Maledictus Sound "Kriminal Theme"
(de la compilation Midnight Massiera)
9) Rung Fah Puping "Pu Yai Lee Santana"
(de la compilation Thai? Dai!)
10) Albert Band "Ella tiene el cabello rubio"
(de la compilation Absolute Belter)
11) Anna Adamis & Gabor Presser "Ringasd el magad part. 2"
(de la compilation Well Hung)
12) la version originale (instrumentale) de "Willow's song"
(de la compilation Willows Songs)
Folk-rock (féminin) psychédélique, Freakbeat espagnol, Prog-Rock hongrois, musiques de films Bollywood, beats asiatiques... Une excuse supplémentaire pour partager un échantillon de ces musiques exigeantes et entêtantes. Bonne écoute !

samedi 5 février 2011

Le cinéma anglais et moi

Comme souvent, c'est la musique qui est à la base de cette note... L'histoire commence par un dimanche après-midi passé au Virgin mégastore des Champs-Élysées, alors que j'errais à travers leur rayon de musiques de films. Je me rappelle m'être arrêté à la fin du rayonnage, devant un CD dont la pochette - une simple fleur blanche ensanglantée sur fond noir - m'intrigua au plus haut point : "Valerie and her week of wonders". Le film m'était alors strictement inconnu, le compositeur pas moins, mais les brèves critiques - par des chanteurs ou musiciens anglais que j'avais fréquenté un temps - s'accordaient à encenser ces mélodies oniriques, envoûtantes, voire parmi les plus obsédantes qu'il leur fut donné d'entendre au cours de leur carrière (au dire des exégètes). Intrigué, donc, je l'achète aussitôt et le ramène chez moi. C'est ainsi que je découvris du même coup Finders Keepers et la nouvelle vague tchèque. Et depuis, effectivement, j'ai toujours le plus grand mal à décrocher de la galette (dont l'intérieur du livret reproduisait l'affiche originale).
Sur la pochette du disque, parmi les louanges en question, figurait à côté de "Valerie..." la référence d'un autre film : "The wicker man". En bon internaute, je pianote et découvre rapidement, avec la plus grande stupeur, un réel culte voué à ce sombre film de 1973, considéré par ses fans comme le "Citizen Kane" du cinéma fantastique britannique (zappez l'ignoble remake à l'américaine récent, avec Nicolas Cage dans le rôle principal). Mais là n'était pas la question : mieux encore, je découvre cette musique sublime, onirique, envoûtante, parmi les plus obsédantes que j'ai pu entendre (le clip est, hélas ! tronqué : version intégrale ici)...
D'un bout à l'autre, le reste du disque ne déçoit jamais une seule seconde. Dieu te bénisse, Paul Giovanni... (Je ne tardais pas à me procurer la réédition - vinyle, celle-là - de cette miraculeuse BO.) Dans la foulée, fiévreux comme tout un chacun, je parcours quelques forums sur la toile, histoire de dénicher d'autres perles susceptibles de provoquer chez moi un émoi semblable. Et là, étrangement, tout concorde à me ramener vers ce fameux cinéma anglais, celui-là même que Truffaut et Godard s'escrimaient à démolir dans les règles de l'art depuis l'époque où ils officiaient en tant que mercenaires pour les cahiers (jaunes) du cinéma : et tandis que Finders Keepers nous apportait en exclusivité la musique originale d'un polar de série B, "Sitting target" (Douglas Hicocks, 1972), du sieur Stanley Myers, son voisin de palier Trunk éditait quant à lui celle restée inédite d'un autre contemporain de "Wicker man" : "Psychomania" (qui, pour résumer, racontait l'histoire d'une bande de zombies-bikers fouteuse de pagaille).
Re-claque. Je pourrais également citer "Deathline", cette histoire fumeuse de cannibales qui vivent dans les égouts londoniens (toujours avec le grandissime Christopher Lee) mais, personnellement, je trouve cette dernière BO - concoctée par Wil Malone - moins réussie que celle de Cameron, même si elle sonne un peu comme du John Carpenter avant l'heure : curieusement, elle donne moins envie de voir le film en question. Ce à quoi encouragent, bien au contraire, les autres films cités précédemment. Mais en vérité, je vous le dis, une fois que l'on a vu ce dont il retourne, on se trouve souvent déçu par les images, jamais par la musique (les tchèques constituant en quelque sorte l'exception à cette règle). Au final, c'est assez bancal, presque indéfinissable, comme sensation, ce cinéma anglais. Pas vraiment des films, quoi ?